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Répression ouïghoure Pékin contre-sanctions Londres

Byadmin

Mar 29, 2021

Neuf citoyens britanniques et quatre organisations qui ont dénoncé les violations des droits humains dans le Xinjiang sont visés. Le 22 mars, les Chinois ont sanctionné des personnalités et des institutions de l’Union européenne. La Chine réagit aux mesures punitives des États-Unis, de l’Europe, du Royaume-Uni et du Canada. Londres et l’UE considèrent Pékin comme une menace «systémique».

La Chine a adopté aujourd’hui des sanctions contre neuf citoyens britanniques accusés de répandre des “mensonges” sur la situation au Xinjiang, dans le cadre de la deuxième série de mesures punitives décidées par Pékin cette semaine.

La première a eu lieu le 22 mars, peu de temps après que les États-Unis, l’Union européenne, la Grande-Bretagne et le Canada ont imposé des sanctions à quatre hauts fonctionnaires et à un organisme gouvernemental pour violation des droits de l’homme dans la région autonome chinoise. Le gouvernement chinois a répondu par des contre-mesures punitives contre les organes de l’UE, les députés européens, les politiciens, les universitaires et les centres de recherche européens.

Parmi les personnalités britanniques ciblées sanctionnées par Pékin, on compte cinq députés, dont Iain Duncan Smith, ancien dirigeant conservateur (voir photo). Tous font partie de l’Alliance interparlementaire sur la Chine, qui rassemble des législateurs de différents pays.

Quatre groupes qui ont dénoncé la répression des Ouïghours et d’autres minorités turcophones de confession islamique au Xinjiang ont également été touchés. Les personnes sanctionnées ne pourront pas entrer en Chine, à Hong Kong ou à Macao; leurs avoirs sur le territoire chinois seront gelés; ils ne pourront alors pas avoir de relations commerciales avec les citoyens et les institutions chinoises.

Selon des données d’experts, confirmées par les Nations Unies, les autorités chinoises détiennent ou ont détenu plus d’un million de musulmans dans des camps de concentration du Xinjiang, que les Ouïghours, les Kazakhs et les Kirghizes appellent “Turkestan oriental”.

De récentes révélations médiatiques ont également mis en évidence l’existence de camps de travail dans la région autonome chinoise, où des centaines de milliers de musulmans seraient utilisés comme travail forcé, en particulier dans la récolte du coton.

Selon le chercheur allemand Adrian Zenz, il y a des usines textiles construites à côté des camps d’internement au Xinjiang: des images satellites, selon l’universitaire, montrent des masses de personnes en uniforme se déplaçant d’un site à l’autre.

Les Chinois rejettent toutes les accusations et affirment que les camps du Xinjiang sont des centres de formation professionnelle et des projets de réduction de la pauvreté, de lutte contre le terrorisme et le séparatisme.

Pékin a justifié les mesures contre les citoyens et les organisations britanniques en disant qu’à son tour, la décision du Royaume-Uni d’imposer des sanctions “enfreint de manière flagrante le droit international et les normes fondamentales régissant les relations internationales, interfère gravement dans les affaires intérieures de la Chine et porte gravement atteinte aux relations sino-britanniques”.

Dans son récent article sur la politique étrangère, le gouvernement de Boris Johnson a décrit le géant asiatique comme un «concurrent systémique» et «la plus grande menace étatique à la sécurité économique du Royaume-Uni». C’est la même vision adoptée par l’UE, qui n’a pas encore préparé de contre-réponse aux sanctions chinoises, se limitant pour l’instant à des déclarations de protestation.

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